Parc National de l’OBÔ

Voici les descriptions de quelques parcours dans le parc National de l’OBÔ

Lagoa Amélia et le cratère de l’ancien volcan

  • Départ : à Bom Sucesso (altitude : 1100 m.).
  • Dénivelé : environ 400 mètres.
  • Durée : Compter 1h50 à 2 heures à l’aller, pratiquement autant au retour (la pente est raide et presque aussi difficile à descendre qu’à monter). Ajouter 45 minutes de plus si vous faites la boucle du tour du cratère.
  • Difficulté : moyenne.

Le parcours Bom Sucesso - Lagoa Amélia est une excellente initiation à la randonnée dans la forêt primaire (l’Obô, en dialecte créole local). C’est en outre le tronc commun sur lequel se branchent les principales autres randonnées possibles actuellement dans le Parc National. Le Lagoa Amélia occupe le fond d’un des cratères du volcan (éteint depuis sans doute quelques millions d’années) qui a formé l’île de Sao Tomé.

En sortant de Bom Sucesso, on traverse d’abord une zone riante cultivée en maraichage et coupée de bosquets. Après une petite demi-heure de marche, on aborde la forêt primaire et le chemin grimpe fort entre des les fûts impressionnants des grands arbres ; pénombre et chants d’oiseaux, bruit étouffé de vos pas sur le tapis spongieux de feuilles mortes et de mousse qui recouvre le sol. Quelques indications gravées, mais pas faciles à lire, sur les espèces d’arbres et de plantes que vous rencontrez ; votre guide se fera un plaisir de compléter par ses explications. En arrivant sur l’arête du cratère (altitude : 1460 m.), replat, traversée de très belles bambouseraies. On peut, avant de descendre en direction du « lac » (chemin sur la droite après une petite clairière aménagée pour le repos et les pique-niques) continuer tout droit jusqu’à une antenne relais de télévision, située à un peu plus de 1500 mètres d’altitude, surplombant un à-pic impressionnant ; on ne peut cependant qu’entrapercevoir le paysage à travers les feuillages des arbres.

On descend ensuite à l’intérieur de l’ancien cratère. Lagoa Amélia, qui en occupe le fond quelques dizaines de mètres plus bas, est un petit lac, très profond en son centre, plutôt marécageux sur ses bords, mais on n’arrive jamais à distinguer l’eau, car il est couvert d’une végétation aquatique très dense, d’un beau vert pâle. Ce marais est un extraordinaire réservoir de biodiversité (espèces endémiques de grenouille, libellules, papillons, nombreux oiseaux…). A contempler du rivage : il est absolument interdit de s’aventurer au-delà de la berge, non seulement pour des raisons de préservation de l’écosystème, mais parce que vous vous enfonceriez rapidement et profondément sous ce tapis végétal. Faites-vous raconter par le guide la légende de la belle Amélia et de son impossible amour, qui la conduisit à disparaître au fond de ce lac de cratère.

Le retour peut se faire par le même chemin, ou en faisant le tour du cratère en cheminant constamment sur l’arête ; sentier étroit et parfois mal tracé, quelques passages en forte pente ; compter environ ¾ d’heure, pour retrouver l’entrée de la bambouseraie évoquée précédemment. De là, redescente sur Bom Sucesso.

Le Pico Calvário

  • Départ : à Bom Sucesso (altitude : 1100 m.).
  • Dénivelé : environ 500 mètres.
  • Durée : 3h1/2 ou 4 heures à l’aller, 3 heures au retour, total 6h30 à 7 h.
  • Difficulté : moyenne, mais nécessite une bonne condition physique.

Le Pico Calvário, parfois appelé aussi Pico Carvalho, est une montagne au sommet arrondi qui culmine à 1600 mètres d’altitude. Le parcours inclut la montée en direction du cratère de Lagoa Amélia, décrite ci-dessus. Peu avant d’arriver au replat qui marque le sommet du cratère, chemin sur la gauche, indiquant les directions Pico de Sao Tomé et Bombaim. On laisse bientôt le chemin qui descend sur Bombaim, et on continue en montée. A partir de là, on se trouve au niveau de ce qui est appelé la forêt de brume, caractérisée par une très forte humidité de l’air, qui favorise la croissance de plantes épiphytes, c’est-à-dire prenant leurs racines sur les troncs des grands arbres ; la végétation est plus touffue, la lumière du jour est fortement tamisée. C’est le domaine des bégonias géants et des fougères qui prennent des dimensions arbustives. Les oiseaux sont nombreux ; parmi eux, le souimanga géant, une espèce endémique d’oiseau buveur du nectar des fleurs ; et le loriot de Sao Tomé, dont l’appel aux notes métalliques un peu obsédantes scandera votre promenade.

La randonnée aller et retour peut se faire dans la journée. A titre indicatif, le prix demandé par un guide forestier pour cette randonnée se situe aux alentours de 70 €.  On peut aussi bivouaquer sous la tente au sommet du Pico Calvário, pour avoir le plaisir de passer la nuit en forêt équatoriale. Prévoyez en ce cas, outre le matériel de camping, pull de laine et imperméable. Avec un guide et un accompagnateur qui portera le matériel de camping, le prix de la randonnée peut atteindre les 170 à 180 €. Prix réduit à 130-140 € si vous portez vous même les équipements.

L’ascension du Pico Sao Tomé

  • Départ : à Bom Sucesso (altitude : 1100 m.).
  • Dénivelé : 920 mètres ; dénivelé cumulé positif (montées): environ 1200 m.
  • Durée : 2 journées. La durée de marche sur ces deux journées est très variable en fonction des conditions climatiques.
  • Difficulté : forte, pour randonneurs sportifs et entrainés.

Prix : en ayant recours à une agence, le prix de cette randonnée peut atteindre, selon les cas (et selon le nombre de participants) 300 à 600 € (au départ de la capitale ; ce prix inclut la transport en véhicule jusqu’à Bom Sucesso et la fourniture de repas durant l’expédition). Si vous contactez directement un guide patenté et que vous fassiez votre affaire d’arriver par vous-même à la Maison des Guides à Bom Sucesso, le prix des services du guide et de son adjoint (pour des raisons de sécurité, cette randonnée se fait normalement avec deux accompagnateurs) sera aux alentours de 180 €, pour un groupe de randonneurs compris entre un et quatre participants. Comptez 20 à 40 € supplémentaires si vous demandez au guide de vous fournir le matériel de camping (20 € pour une tente 3 ou 4 places, 40 € en deux tentes séparées).


L’ascension du Pico Sao Tomé,
point culminant de l’île (2024 m. d’altitude), relève de l’expédition de trekking et exige normalement deux jours (retour inclus), éventuellement trois jours (pour les personnes désireuses de faire des observations botaniques ou ornithologiques un peu détaillées ; ou parfois, parce que les conditions météo sont particulièrement défavorables ou qu’une coulée de boue oblige à de longs détours). Il faut donc prévoir, en accord avec le guide qui doit vous accompagner, les équipements indispensables : matériel de camping, sacs de couchage, vêtements chauds et imperméable, nourriture et boisson, récipients pour préparer repas et boissons chaudes…

Au départ de Bom Sucesso, l’approche du Pico Sao Tomé se fait par le sentier ci-dessus décrit qui mène au Pico Calvário. Après avoir atteint ce dernier, le chemin franchit plusieurs vallonnements (donc, descentes et montées). Orchidées. La mousse recouvre à la fois le sol et les troncs des arbres, donnant à la forêt une allure fantomatique. Après la station de repos dite « Estação Sousa », chemin de crête étroit, puis montée de plus en plus abrupte au sein d’une végétation d’arbres et de lianes impressionnante ; lianes et branches sont bien utiles pour trouver des appuis lors des passages les plus difficiles. Il est d’usage de bivouaquer pour la nuit au lieu dit « Sentada do Pico », à 1850 mètres d’altitude..

L’accès au sommet se fait très tôt le lendemain matin, pour avoir quelque chance de jouir de beau temps et de la vue depuis le Pic ; les nuages recouvrent rapidement ce dernier quelques heures après le lever du soleil. Cette dernière partie du parcours n’est pas exactement de l’alpinisme, mais exige une bonne capacité physique ; des cordes accrochées aux arbres facilitent l’ascension.

Après être redescendu au camp de Sentada do Pico, le retour peut s’effectuer soit par le même chemin qu’à l’aller, soit en direction du nord-ouest, vers Ponta Figo et Neves : pour ce dernier trajet, voir plus loin : « De Bom Sucesso à Ponte Figo ». Les durées de trajet sont sensiblement équivalentes.

De Bom Sucesso à Ponta Figo

  • Départ : à Bom Sucesso (altitude : 1100 m.), mais l’on peut aussi faire l’excursion en partant de Ponta Figo (150 mètres au dessus du niveau de la mer).
  • Dénivelé : Si l’on n’en profite pas pour faire l’ascension du Pico Sao Tomé,  on monte jusque vers 1800 mètres d’altitude Les dénivelés cumulés (montées et descentes) représentent sans doute 2700 m.
  • Durée : 2 journées.
  • Difficulté : forte, pour randonneurs sportifs et entrainés.

Prix : sensiblement équivalents aux prix demandés pour l’ascension du Pico Sao Tomé ; mais si vous ne voulez pas avoir recours au service « tout compris » d’une agence, il vous faut en plus du coût des guides, prévoir le prix d’un transport par véhicule qui viendra vous attendre au point d’arrivée pour vous ramener à votre logement. 

Pour ceux qui ne se sentiraient pas l’envie de réaliser la dernière partie de l’ascension du Pico Sao Tomé, ce parcours de trekking peut être réalisé en contournant le pic à la base. Il n’en reste pas moins un parcours pour personnes en excellente condition physique, en raison de sa longueur et du dénivelé parcouru. Toutefois, il n’est pas interdit de le faire en trois jours : choix des étapes à convenir avec le guide.

Vous trouverez ci-dessus la description du trajet entre Bom Sucesso et les approches de Sentada do Pico. Le long du trajet entre Sentada do Pico et Ponta Figo, la forêt est un peu moins dense et moins humide que sur l’autre versant du massif : on est ici dans la zone « sous le vent », moins arrosée (district de Lemba). Aux approches des zones cultivées, on entrevoit parfois furtivement des bandes de singes. Le parcours suit la vallée du Rio Contador, cours d’eau qui alimente une conduite forcée et une centrale hydro-électrique située au niveau de Ponta Figo. Le chemin traverse la zone de Ribordelo, hameau qui fut entièrement emporté par un glissement de terrain en 1975. Passage par Antonio Morais et Manuel Morais, deux hameaux qui sont des « dépendances » de la Roça Ponta Figo. Belles échappées sur le littoral. Arrivée au siège de la roça Ponta Figo, où l’on retrouve une voie carrossable qui se branche sur la Nationale 1 (dite aussi Route du Nord). 

Ce parcours de trekking exige d’avoir prévu un moyen de transport pour revenir du point d’arrivée au point de départ, ou à votre hébergement.

De Bom Sucesso à Bombaïm par Tras os Montes

  • Départ : à Bom Sucesso (altitude : 1100 m.).
  • Dénivelé : en montée, 400 mètres ; en descente, un peu plus de 1000 m.
  • Durée : Une journée, environ 6 à 7 heures de marche
  • Difficulté : moyenne à forte ; nécessite bonne condition physique.

Prix indicatif pour les services d’un guide : 40 à 50 €.

Le trajet en montée est celui de Lagoa Amélia. Arrivé sur la crête du cratère, on prend un chemin à gauche pour effectuer une longue descente en direction de Bombaïm, 1000 mètres plus bas. La pente est parfois très raide, il faut avoir de bons mollets et de bonnes articulations. Lorsque la végétation s’éclaircit, la vue en contrebas est spectaculaire, Sur le chemin, vision fantastique : on traverse une ancienne roça, abandonnée, Nova Ceilão ; la végétation a envahi les bâtiments en ruines, les arbres poussent à travers les toits. Plus bas, Tras os Montes, proche de la roça Zampalma (autre roça en ruine, mais actuellement squattée). La Roça Bombaïm, point d’arrivée, est, elle, en fonctionnement : très belle maison de maître, bien entretenue, transformée en hôtel restaurant, verger tropical soigné, prés herbus où paissent les vaches… Après cette balade fatigante, vous serez peut-être content d’aller vous baigner à la cascade, située à environ dix minutes de marche de l’hôtel dans la direction de Milagrosa et Trindade.

Si vous n’avez pas prévu qu’un véhicule vienne vous chercher à Bombaïm, vous pouvez décider d‘y passer la nuit et d’y prendre vos repas ; mais il est indispensable de réserver (voir notre chapitre Hébergement). Le lendemain, vous pourrez faire à pied le trajet Bombaïm – Roça Milagrosa et, par le PP MZ 03, revenir sur Belém et Trindade (voir plus loin description dans « Parcours pédestres en moyenne altitude » « Sentiers balisés dans le district de Mé-Zochi »). A moins que vous ne préfériez continuer par une autre randonnée, plus longue, en direction de la côte Est (à faire avec guide, bien qu’elle ne soit pas dans le Parc de l’Obô) : Bombaïm – Agua Izé (voir également plus loin : Parcours de moyenne altitude), ou par la spectaculaire randonnée d’endurance Bombaïm – São João dos Angolares.

De Bombaïm à São João dos Angolares

  • Départ : de la Roça Bombaïm, à environ 470 mètres d’altitude.
  • Dénivelé : le point d’arrivée est pratiquement au niveau de la mer, mais le chemin franchit, notamment dans la première partie du parcours, quelques reliefs comportant de bonnes montées.
  • Durée : une journée comportant 10 à 11 heures de marche, soit 12 à 13 heures avec les haltes. Il faut donc partir exactement au point du jour si l’on ne veut pas être ennuité avant l’arrivée.
  • Difficulté : moyenne sur le plan technique, mais forte si l’on tient compte de l’endurance que cette randonnée requiert.

Prix : cette randonnée est organisée par le guide de la Roça Bombaïm (sur réservation au moins trois jours à l’avance), dont le prix est de 120 €.

Unissant par un long chemin suivant les limites du Parc National les deux très belles roças d’hébergement touristique Bombaïm et Roça São João, ce parcours de trekking est rarement fait, ce qui est dommage, car il permet de connaître à la fois de la forêt primaire, de la dense forêt de repousse, et de belles plantations de cacao encore en activité. Enormément d’oiseaux aux chants variés. Votre guide devra parfois ouvrir le chemin à coups de machette, dans un grand froissement de rameaux brisés. Après avoir grimpé le long des flancs du Morro Formoso Grande aux nombreux torrents, sans toutefois en atteindre le sommet, le chemin suit en crête, dans une végétation touffue, la vallée du Io Grande, principal cours d’eau de l’île. On retrouve des plantations (cacoyers) à partir de Vale Carmo, à environ une heure et demie de marche de la Roça São João, où vous attendra un festin bien mérité et une nuit de repos ; avant de vous baigner le lendemain sur la plage de sable noir de São João, soit du côté mer (rouleaux), soit du côté fleuve (un tranquille barbotage dans une eau à 25°).