Mé Zochi moyenne altitude chemins balisés

Moyenne altitude

Voici les descriptions de quelques parcours de moyenne altitude dans le district de Mé-Zochi :

 

Le PP MZ 01 : De Belém à Belém : une route du vin

 

  • Difficulté : Moyenne.
  • Dénivelé : environ 150 m.
  • Durée : environ 2 heures.

 

A la sortie du village de Belém, sur la route de Batepá, à environ 150 mètres du gîte rural Casa Ediana, le point de départ du sentier est visible (marque au sol, inscription PP MZ 01) sur le côté droit de la chaussée ; on descend quelques marches d’escalier pour commencer.

La randonnée décrit une boucle, qui ramène le promeneur à une centaine de mètres de son point de départ, un peu plus bas sur la route asphaltée. Nous conseillons de faire la randonnée dans le sens que nous décrivons ici, qui permet de prendre la pente la plus abrupte dans le sens de la montée. Le sentier est, sur ce tronçon, très glissant. Un bâton de randonnée peut s’avérer utile.

Le parcours emprunte surtout des chemins dits de « vianteiros » (soutireurs de vin de palme), c’est-à-dire étroits et abrupts. Certains tronçons sont cependant communs avec le PP MZ 02, qui, lui, emprunte des chemins de roças, plus larges pour permettre l’évacuation de charges importantes de produits agricoles. Le MZ 01 effectue des zigzags et abandonne parfois le chemin plus important pour un sentier au tracé étroit. Soyez donc attentif à la signalisation.

Le chemin passe dans des plantations partiellement abandonnées. Les cacaoyers cèdent la place, au fur et à mesure de la montée, aux palmiers de haute taille, exploités pour le vin de palme. Celui-ci provient de la fermentation de la sève de l’arbre, qui se récolte par incision du tronc tout au sommet. Le soutireur de vin de palme grimpe, le plus souvent pieds nus et aidé d’un harnais, à des hauteurs vertigineuses, pour pratiquer l’incision du tronc, puis, revient en général le lendemain, pour récolter la sève qui s’est écoulée dans un récipient qu’il aura attaché là à cet effet. Le « vianteiro » redescend alors avec sa charge (parfois plus d’un litre pour un seul arbre, mais les rendements sont très divers) et doit souvent se défendre, dans cette situation périlleuse, contre les insectes, et notamment les abeilles, qui entendent bien faire leur miel de ce succulent liquide au goût sucré. Donc, durant la balade, levez les yeux : les travailleurs acrobates sont à plusieurs dizaines de mètres au-dessus de vos têtes.

Même habileté dans l’escalade pour les récolteurs de fruits de l’arbre à pain (ce sont souvent les mêmes personnes). Cet arbre peut atteindre des hauteurs impressionnantes ; il faut monter sur les hautes branches pour sectionner à la machette les rameaux porteurs d’un fruit ; celui-ci, qui pèse plusieurs kilos, tombe alors au sol avec fracas. Sa chute pourrait vous assommer ; mais ne craignez rien ; si vous n’avez pas repéré le cueilleur de fruits, lui, en revanche, vous a très bien entendus et vus, depuis son poste de vigie, et interrompra son travail au moment de votre passage.  

Quelques trouées dans une dense végétation offrent parfois de beaux points de vue en direction de la ville de Trindade. Il est possible de demander à déguster du vin de palme à des exploitants, contre une petite rémunération. Le vin de palme frais titre au maximum 4° d’alcool. Donc, pas de danger de tituber sur le chemin du retour qui descend sur Belém.

Le PP MZ 02. De Belém à Batepá : L’ancienne roça Molembu

  • Difficulté : faible.
  • Dénivelé : environ 160 m.
  • Durée : environ 1h1/2 jusqu’au point d’arrivée près de Batepá.

Durée légèrement inférieure pour le retour effectué en descente par le même chemin, seulement 20 minutes en cas de retour par la route asphaltée Batepá – Belém.

Une roça, c’est une plantation. La roça Molembu, comme toutes les terres appartenant à des colons ou des entreprises étrangères, fut nationalisée à l’indépendance de Sao Tomé et Principe en 1975. Puis elle a été partagée dans les années 1990 et occupée par lots par ses travailleurs ou par des paysans voisins. Les bâtiments communs, non affectés, subissent une lente dégradation. Mais les terres restent vivantes, plantées en cacaoyers, caféiers, palmiers à huile, bananiers, kolatiers (qui donnent la noix de cola), etc. On y trouve aussi de beaux arbres de rapport utilisés pour la menuiserie et le bois de charpente. La roça Molembu a été chantée par la poétesse santoméenne Olinda Béja :

 Molembu, ma petite terre
Au parfum de pomme de lait
Ma richesse perdue
Mon petit grain de café

 Molembu ma petite terre
Mon herbe folle ma forêt
Mes oiseaux aux doux chants
En guirlande de fleurs de fête

Elle a de tout, ma terre aimée
Abondance et qualité
Dans le district de Mé-Zochi
Dans les parages de Trindade

Dans le village de Belém, sur la route qui monte vers Batepá, à quelques dizaines de mètres du croisement routier et du gros arbre à palabres (un badamier) qui occupent le centre du village, le départ du parcours emprunte d’abord vers la droite une large piste plus ou moins empierrée qui mène à l’ancien siège de la roça. Le plaisir de la balade réside dans l’observation de la végétation et les chants d’oiseaux.

A un embranchement, le chemin le plus court (celui de gauche) évite de passer par le siège de la roça. On peut cependant vouloir jeter un coup d’œil sur les anciens bâtiments (ne soyez pas intrusifs, ne gênez pas les habitants), en ce cas prendre le chemin de droite. Les habitants voudront peut-être vous faire visiter la « gruta ». Il ne s’agit pas d’une grotte, mais d’une dépression creusée dans le sol volcanique d’où sort un petit torrent où les femmes vont puiser l’eau et laver leur linge. Un petit trou de verdure où résonnent les rires des lavandières et de leurs enfants. Laissez-vous prendre par la main pour aller admirer ce joli spectacle. Attention, le retour de la « gruta », en montée, est raide et glissant.

Au-delà du siège de la roça, le parcours emprunte des chemins plus étroits, mais sans difficulté, au milieu de cacaoyers, de palmiers et de beaux arbres d’ombrage. En fin de parcours, vous débouchez sur la route asphaltée Belém – Batepá, à environ 300 mètres en contrebas de la place de ce dernier village. Vous pouvez vous laisser tenter par un rafraichissement (il fait chaud). En ce cas, vous trouverez un petit bar juste après la place du village sur votre droite, en bordure de la route qui monte vers Monte Café.

Batepá a été le lieu central de terribles massacres perpétrés en février 1953 par des milices à la solde du gouverneur portugais de l’archipel. Cet épisode traumatisant a été le point de départ du mouvement indépendantiste santoméen. En traversant la place du village, vous verrez des stèles commémoratives, peintes en de gais coloris : rien de funèbre, à Sao Tomé, on n’aime pas se complaire dans la tristesse et le deuil ressassé.

Vous pouvez revenir sur Belém soit en prenant le même chemin qu’à l’aller en sens inverse, soit en marchant le long de la route asphaltée ; il n’y a pas beaucoup de trafic et le paysage boisé est fort beau également.

Le PP MZ 03. De Belém à Roça Saudade par Milagrosa, entre Vale de Agua Grande et Vale Mé-Zochi

  • Difficulté : moyenne.
  • Dénivelé : environ 500 mètres.
  • Durée : environ 3 heures pour monter jusqu’au restaurant Casa Almada Negreiros au centre de Roça Saudade ; 2 h 20 pour le retour en descente par le même chemin, ou 2 heures si vous prenez le PP MZ 04.

Le point de départ du sentier de randonnée se situe à la sortie du village de Belém sur la route de Batepá, sur la gauche, exactement à l’angle du gîte rural Casa Ediana (gîte bien indiqué par une pancarte ; le départ de deux chemins de randonnée, le MZ 03 et le MZ 04, signalés par marques au sol). Au bout du pré qui sert de terrain de foot aux enfants de Belém, le MZ 03 bifurque sur votre gauche et passe près de petites cabanes (alors que le MZ 04 continue tout droit).

Après 10 minutes de sentier étroit dans une dense végétation cultivée (palmiers à huile, bananiers, cacaoyers, arbres fruitiers), passage d’un ruisseau à gué (on fait de grands pas de pierre en pierre). A 20 minutes, le parcours croise la Nationale 3 au niveau de Piedade. Il faut descendre le long de la Nationale sur environ 150 mètres, puis traverser ; marquage au sol qui fait prendre une large piste en terre, pont sur le torrent Agua Grande. Le parcours prend un chemin à droite après le pont et traverse les terres de la roça Santi (cacaoyers). On laisse à droite les bâtiments de la roça. Au bout d’environ une heure de marche apes le départ, on débouche sur une route asphaltée que l’on suit en montée sur environ 200 mètres jusqu’à un embranchement ; prendre à droite la route empierrée qui mène au siège de la roça Milagrosa, en laissant sur votre gauche la route en terre qui mène à Bombaïm. Roça Milagrosa forme un gros village dont on sort par une route pavée, qui se transforme ensuite en piste de terre. La pente devient plus accentuée et la végétation plus aérée. On passe Quinta das Flores, petit hameau de quelques maisons. Belles cultures en terrasses. De plus en plus de points de vue magnifiques sur la droite en direction du littoral. Le chemin suit la ligne de crête entre le rio Manuel Jorge (Mé-Zochi, en créole) à votre gauche, et un de ses affluents, profondément encaissé, sur votre droite. Arrivée au centre de la Roça Saudade, devant le musée Almada Negreiros, où la vue s’étend au-dessus des frondaisons jusqu’au littoral et à la capitale, plus de 800 mètres plus bas.

La roça Saudade au beau nom (Mélancolie) est le lieu de naissance d’un grand artiste, de père portugais et de mère santoméenne, José Almada Negreiros (1893-1970). Peintre, céramiste, poète et romancier, il a marqué la culture portugaise de l’entre-deux guerres mondiales par son modernisme (relations étroites avec le mouvement futuriste italien et le surréalisme français). Un petit musée lui est dédié sur le lieu de sa naissance. Le restaurant du musée est un des meilleurs lieux de dégustation de la gastronomie santoméenne, il peut représenter une belle étape reposante au terme (ou au milieu, si vous redescendez à pied) d’une longue balade magnifique. Exceptionnel par son cadre (vue à couper le souffle), le restaurant l’est aussi par la qualité de sa gastronomie : menu du jour de spécialités locales raffinées (pour 15 €) ; ouvert tous les jours pour le déjeuner, réservation recommandée en cas d’affluence (les weekends), mais pas obligatoire ; tél. 991 61 72 et 981 31 04.

On peut redescendre par le même chemin, ou par le PP MZ 04.

Le PP MZ 04. De Belém à Roça Saudade par Vanguarda

  • Difficulté : faible.
  • Dénivelé cumulé : 470 mètres.
  • Durée : environ 2h30 à la montée, 2 h. à la descente.

Le départ de Belém se fait au même endroit que celui du PP MZ 03 : sur la route de Batepá, à gauche dans le sens de la montée, immédiatement après le gîte rural Casa Ediana (clairement indiqué). Le MZ 04 diverge du MZ 03 après une dizaine de mètres : pour le MZ 04, prendre tout droit ; le sentier s’incurve ensuite un peu vers la droite.

L’autre extrémité du parcours se trouve à la Casa Museu Almada Negreiros de Roça Saudade (décrite avec le PP MZ 03). Il est donc possible d’effectuer une randonnée en boucle, en prenant l’un des deux chemins à la montée, l’autre à la descente. Comme le PP MZ 03 bénéficie de quelques vues plus dégagées sur le littoral en contrebas, nous recommandons, du moins par beau temps, de prendre le PP MZ 04 pour effectuer la montée et le PP MZ 03 pour la descente.

Pour demander votre chemin en cours de route : de Belém, le village suivant est Batepá, de là, Vanguarda puis Fugifala. Au-delà de Fugifala, Monte Café Aldeia. Enfin, Roça Saudade.

Le début de la randonnée se fait dans des chemins souvent étroits sous le couvert végétal caractéristique de la zone de Belém : cacaoyers, bananiers et palmiers exploités tant pour le vin de palme que pour l’huile (fabriquée artisanalement). A un moment, on doit marcher le long de la route asphaltée Belém – Batepá sur 200 mètres environ, puis le parcours reprend un chemin entre les maisons sur la gauche (marquage au sol, parfois un peu difficile à voir à cause de la poussière du bord de route ; soyez attentif ; juste avant l’embranchement, notre double marque jaune sur un parapet de bord de route, plus facile à voir que le marquage au sol, est là pour attirer votre attention). On traverse la Nationale EN3 à Batepá, pour prendre une large route en terre et l’on rentre dans le village de Vanguarda, communauté accolée à Batepá. Vanguarda était une roça, au temps de la colonisation, c’est-à-dire une exploitation agricole coloniale, où la main d’œuvre, réduite à la misère, provenait essentiellement des îles du Cap-Vert ; alors que Batepá était une agglomération de « forros », les Fils de la Terre, petits paysans ruinés par la colonisation, mais fiers de leur statut de paysans indépendants, de l’ancienneté de leur implantation et de leurs maigres privilèges. Avec l’indépendance, les différences entre les deux communautés s’estompent, et les jeunes se fréquentent sans manifester les préjugés d’autrefois.

Au sortir de Vanguarda, large « chemin de roça » grimpant entre des plantations bien entretenues (on est au cœur d’une des zones agricoles les plus riches de l’île), formant un couvert végétal extrêmement dense, essentiellement bananiers et cacaoyers. Si vous faites ce parcours avec un guide ou un accompagnateur local, faites-vous montrer les différentes variétés de bananiers pour apprendre à les distinguer : banane-pain, banane-pomme, banane d’argent, banane d’or, banane naine, gros-michel… On peut dire que Sao Tomé est à la banane ce que la France est à la vigne : une vieille culture gastronomique distingue avec soin les variétés et les lieux d’origine, comme en France on parle de cépages et de terroirs.

Un peu au-delà de Fugifala, le troisième étage du parcours aborde une aire découverte (attention aux coups de soleil !) : grand champ de fleurs (des balisiers), quelques potagers et vergers cultivés avec soin, souvent avec irrigation d’appoint, dans un paysage ouvert semé de bouquets d’arbres et de bananiers plantés en ligne. Le chemin passe un moment au sein de belles plantations de poivre (le poivrier, plante grimpante, est cultivé sur tuteurs). Puis, le parcours débouche sur la route nationale (EN3) au niveau du petit hameau dit « Aldeia de Monte Café », habité par des anciens travailleurs de la roça du même nom qui ont abandonné les bâtiments collectifs du siège de la plantation (Monte Café Sede) pour ces maisons qu’ils ont construites en bord de route. A partir de Monte Café Aldeia, le PP MZ 04 comprend un tronçon commun avec le PP MZ 11. C’est à Monte Café Aldeia que se trouve la maison (chambres d’hôtes, faisant partie du réseau PTP SANTOLA) du fameux guide de montagne, Lúcio Primo, spécialisé notamment dans l’observation des oiseaux. Les habitants se livrent surtout aux cultures vivrières (notamment maraichage). Dans le hameau, on peut jeter un coup d’œil à l’atelier d’un peintre local de style naïf (panneau « Belas Artes »), Francisco Júlio. Le parcours suit la route nationale durant une centaine de mètres avant de bifurquer sur la droite par un sentier en pente qui passe entre les champs cultivés.

Non loin du sentier, la Casa Arlindo (la maison d’un guide de montagne qui travaille avec Lúcio Primo) peut vous servir, si la grimpette vous a donné soif, café, délicieuses infusions locales aux multiples vertus (feuille de cannelier fraiches, citronnelle, menthe, micoco…) ou sodas et bières. La Casa Arlindo sert aussi des repas de cuisine santoméenne de type familial, sur commande 24 heures à l’avance (tél. : 992 59 39). Vous pourrez y déguster des plats locaux originaux, qu’on aurait du mal à trouver en restaurant : notamment le Oleo de pipinela (bourgeons et feuilles de chayotte cuites pilées avec du poisson)  et la Lussua (sorte d’épinard local longuement mijoté avec du poisson pilé et servi avec de la fuba, une semoule de maïs façon polenta italienne). Menu à 8 € + boissons.

Au-delà de la Casa Arlindo, le sentier passe dans les champs de petits paysans, puis débouche ensuite sur une petite route carrossable en terre, contourne la fabrique d’embouteillage de l’eau minérale Bom Sucesso (l’eau est captée dans le lieu-dit de ce nom à 1150 mètres d’altitude, voir PP MZ 11). Pour éviter la route nationale, le parcours a été tracé au-dessus de la fabrique, dans des sentiers étroits passant sur les terres cultivées de paysans qui ont donné aimablement leur accord ; prière de ne pas piétiner leur semis de tomates, choux, carottes. On débouche sur la piste menant à Sao José, croisement où l’on se sépare du PP MZ 11 ; puis de nouveau sur la route nationale asphaltée, à moins de 200 mètres de l’entrée du village Roça Saudade. On rejoint le PP MZ 03 à la Casa Museu Almada Negreiros (restaurant gastronomique). Vous pouvez aussi prendre un café gourmand (ou un thé gourmand) à la Loja Comunitária et acheter les délicieuses confitures Sabores que deixam saudades (Saveurs qui vous laissent nostalgie), voir ce que nous en disons sur le PP MZ 03.

Retour : soit par le même chemin, soit (un peu moins long) en marchant sur le bord de la nationale (EN 3), soit par le PP MZ 03 (voir plus haut).

Le PP MZ 05 : de Batepá à Monte Café par Mongo, avec un peu de miel pour la route

Difficulté : faible à moyenne. Cependant, si vous êtes accompagnés d’enfants, il est recommandé de les faire se déchausser au moment de franchir le petit torrent à mi-chemin entre Antonio Soares et Mongo : les pierres qui permettent le passage à sec sont espacées et il est préférable, pour qui n’est pas capable de grandes enjambées, de rentrer dans l’eau fraiche en relevant ses pantalons (la profondeur du cours d’eau n’excède pas 25 centimètres, sauf crue exceptionnelle). Dénivelé cumulé : un peu plus de 200 mètres. Durée : environ 2 heures et quart depuis Batepá (non compris le petit détour par la Roça Mongo ; comptez ¼ d’heure supplémentaire si vous allez jeter un coup d’œil à cette petite roça presque abandonnée). Le retour par le même chemin prend 1h50 à 2 heures.

Le départ se fait en face du café-restaurant « Quinta Nunes 25 », à 300 mètres de la place du village de Batepá (décrite au PP MZ 02), au bord de l’E.N. (route nationale) n°3. Il est donc possible, pour aller de Belém à Monte Café, de combiner le PP MZ 05 avec le PP MZ 02.

On prend la route en terre qui mène à Ototo et Madalena (panneau indicateur). On suit cette large piste dans un joli paysage cultivé sur environ 1 kilomètre ; puis, juste avant le hameau appelé Antonio Soares, départ d’un chemin sur la gauche, après le mur d’une exploitation agricole : fléchage. L’exploitation est tenue par un Santoméen « rasta », qui se fait appeler Bob (comme son idole Marley) : élevage de porcs, poules, canards, plantations de fruits ; Bob est aussi apiculteur, et vous pouvez lui acheter un excellent miel local, qu’il peut vous vendre en petits pots de verre (de 150 grammes) (ce qui n’est pas toujours facile à trouver à Sao Tomé). Profitez-en.

Après ce virage à gauche le long de la ferme de Bob, le chemin, bien indiqué, devient étroit au sein des plantations (principalement cacao), et glissant en saison des pluies. Au bout d’environ 25 minutes, on descend au fond d’une gorge où il faut franchir un petit torrent peu profond. Des pierres sont disposées de manière à faciliter le passage. Le sentier remonte vers Mongo, débouchant à proximité des habitations de cette roça sur la route empierrée qui fait la liaison avec la roça Monte Café. Il peut être intéressant d’aller jeter un coup d’œil à Mongo (qui se trouve à moins de 5 minutes de marche, sur votre gauche). La roça s’est dépeuplée sous le coup de l’exode rural, et ne comportait plus, en 2016, qu’un seul habitant, qui a fait beaucoup d’efforts pour entretenir les lieux. On a là un bel exemple de ce qu’a pu être une « dépendance » de roça, c’est-à-dire une exploitation agricole travaillant sous l’autorité de la plantation mère (Monte Café) : architecture de bois, plan en rectangle autour d’une grande cour intérieure, allure de forteresse avec ses deux portes que l’on fermait le soir pour empêcher les travailleurs d’en sortir (ceux-ci étaient soumis à un régime disciplinaire de type militaire qui dura jusqu’à l’indépendance en 1975). Depuis peu, la roça Mongo a été squattée par des paysans en quête de logement ; ils reconstruisent un espace habitable à leur convenance, c’est compréhensible ; mais l’architecture originale de la roça est en train de disparaître.

Revenir jusqu’à la bifurcation précédente et prendre la route dans le sens de la montée. Un peu plus loin, le chemin passe au milieu de majestueuses érythrines, ces arbres plantés pour ombrager les cacaoyers et les caféiers. A cet endroit, les érythrines atteignent une très grande hauteur, et leurs troncs sont revêtus d’une plante parasite de la famille des orchidées, dont le vert feuillage contraste avec les fleurs d’un rouge orangé de l’arbre lui-même (la pleine floraison se situe durant la saison sèche, on marche sous une véritable voûte rougeâtre). Ces érythrines abritent de très nombreuses rolas (en portugais, tourterelles ; mais à Sao Tomé, désigne le pigeon de Malherbe, espèce endémique) ; leurs roucoulements vous accompagneront tout au long de cette section du chemin. Après environ 40 ou 45 minutes de montée en pente modérée, on rejoint la piste qui mène de Monte Café à Novo Destino ; prendre à gauche, vers Monte Café. Après 10-15 minutes de marche en terrain plat au milieu des plantations, arrivée à Monte Café Sede (le siège de la grande roça).

A Monte Café : Musée du Café, exposition intéressante sur les techniques de travail du temps de l’ancienne plantation coloniale. Café restaurant Efraim : boissons et nourriture rapide (sandwiches, omelette), menu plus conséquent sur réservation, tél. 996 03 27, ou 994 03 98. Le menu « ordinaire » est à 12€50 (en entrée, délicieux cebiche de poisson cru mariné non seulement au citron, comme il est de tradition pour un cebiche, mais avec une pointe de maracuja, le fruit de la passion) ; le menu gastronomique (17 €) est basé sur l’utilisation du café ou du cacao dans tous les plats (par exemple, poisson fumé au café servi avec riz, fruit à pain toasté et lussua, une plante locale rappelant l’épinard). Le propriétaire de la firme Efaim possède une petite entreprise de traitement du café et torréfaction, et de fabrication de cacao pour chocolat chaud, que l’on peut visiter en attendant que les plats soient prêts. Monte Café, qui compte actuellement un peu plus de 1000 habitants, fut autrefois une des plus importantes roças du pays, dédiée au café, mais aussi au cacao ; le centre garde une certaine allure, malgré la décrépitude d’une partie des bâtiments. Quelques jolies maisons neuves en bordure de la route pavée qui descend vers la nationale ; dont celle du guide de trekking Brice Primo, membre de l’association PTP SANTOLA, qui reçoit des touristes dans ses chambres d’hôte, à une soixantaine de mètres du Musée du Café.

Retour : par le même chemin (compter 1 h 50 à 2 heures dans le sens de la descente) ; ou en suivant la route nationale (EN3), plus rapide (environ une heure), mais attention aux véhicules, restez bien sur le bas-côté !

Si vous faites le PP MZ 05 dans le sens de la descente, c’est-à-dire en partant de Monte Café pour aller à Batepá, sachez que le départ de la randonnée se fait devant l’école primaire (faites-vous indiquer l’école, dans le haut du village) ; à partir de là, tronçon commun aux PP MZ 05 et 06, bien indiqué, sur la piste carrossable qui mène à Novo Destino. A un peu plus de 10 minutes de marche, on prend un chemin à droite, là, fléchage pas très facile à discerner, sur les cailloux de la piste.

Si vous êtes partis de bonne heure le matin pour votre randonnée et que vous reveniez à votre point de départ sans avoir encore déjeuné, vous pourrez prendre votre repas au café-restaurant Quinta Nunes 25 : au milieu des arbres, agréables espaces couverts ou en plein air, bien ventilés. Ne fait de repas que sur commande. Téléphoner la veille ou tôt le matin : n° 990 36 98. Spécialité de poulet dit « de la terre » (galinha da terra), c’est-à-dire élevé en liberté et se chargeant de trouver sa nourriture tout seul dans la forêt. Autres plats, de poisson ou de viande. Plats entre 130 et 200 dobras (5 € à 8 €), entrées à 2 ou 3 €, le fameux poulet (garni) pour 2 personnes, à 14 € (7 € par personne).

Le PP MZ 06 : De Monte Café aux Cascades à Trois Têtes : café, escargots et chutes d’eau

Point de départ et point d’arrivée : Monte Café Sede (le siège de la grande roça). Une partie du parcours décrit une boucle.

Difficulté : faible. Dénivelé : on part de Monte Café, qui est situé à 680-700 mètres d’altitude ; le point le plus haut se situe à Bemposta, à environ 820 m. ; le point le plus bas, au pied de la cascade, est à environ 520 mètres. Dénivelé cumulé positif : environ 300 mètres. Durée : Le parcours, d’une longueur d’environ 16 km, se fait en approximativement 4 heures et demi de marche, sans compter les haltes.

Départ de Monte Café devant l’école primaire, on prend le chemin (carrossable en 4x4) de Novo Destino. Après environ 10 minutes de marche, embranchement, prendre à gauche (panneau indicateur sur un arbre) le chemin qui mène en pente douce à travers les caféiers à Bemposta. Bemposta est le siège des activités de traitement du café de la CECAFEB, coopérative de production de café en culture bio, qui regroupe de petits caféiculteurs de la zone de Monte Café. On peut visiter les installations (déparchage, fermentation, séchage du café en grains). Il y a généralement du personnel sur place qui se fera un plaisir de vous montrer les lieux, mais si vous voulez être sûr de bénéficier d’une visite guidée avec explications (en portugais ou en français), il vaut mieux avoir prévenu la veille en téléphonant au 991 16 70.

De Bemposta, étroit sentier en descente vers Novo Destino. Les paysans de cette roça ont pour activités principales la culture du café et l’élevage de porcs. Un projet d’élevage d’escargots en escargotières, appuyé par une ONG, n’a finalement pas donné les résultats escomptés, et les gens préfèrent continuer à recueillir ces gastéropodes dans la forêt et les champs cultivés, où ils prolifèrent et ravagent les cultures. Les gros escargots dits « buzios de terra » sont un élément important de la gastronomie populaire dans toute l’île ; on les cuisine dans une sauce assez relevée.

Il y a, à Novo Destino, une école maternelle que les gens du hameau adorent vous faire visiter.

On sort de Novo Destino par un large chemin en descente, sans difficulté, mais où la boue est extrêmement glissante après les pluies (rappel : il est toujours bon d’avoir avec soi des bâtons de marche). Si vous avez un guide, celui-ci pourra vous mener au point de départ commun des trois têtes de la cascade. Sans son aide, il vous sera difficile de trouver le sentier, non entretenu, où il faut souvent utiliser une machette. Vous vous contenterez d’admirer, plus bas, les points d’arrivée des trois cascades issues de ce même départ.

Après un croisement où l’on prend le chemin sur la gauche (panneau indicateur), on entre dans ce qu’on appelle le Val do Rio, offrant de belles perspectives sur les pentes boisées de l’autre côté d’un torrent encaissé que l’on devine en contrebas. On passe ensuite un pont sur un torrent affluent du torrent principal ; puis belle maison de bois d’exploitant agricole sur votre gauche, bien entretenue depuis la période coloniale (Casa Formosa). Le chemin, large et en faible pente, mène au pied de trois cascades qui ont un point de départ commun. Le site de la troisième et dernière cascade incite particulièrement à la halte, avec ses tertres gazonnés et la possibilité de se baigner dans le cours d’eau ; un endroit idyllique pour piqueniquer.

Retour : on reprend le même chemin jusqu’à Novo Destino. De là, sans repasser par Bemposta, chemin direct en pente douce à travers les plantations de café et de cacao, qui vous mène à Monte Café Sede en un peu moins d’une heure de marche.

PP MZ 07 : de Trindade à la grotte et la cascade cachée de Santa Fé

Difficulté : moyenne. Dénivelé cumulé : environ 180 mètres, toujours en pente douce. Durée : environ 2h 1/2 à la montée, 2 heures à la descente.

Pour demander votre chemin en cours de route : de Trindade, Uba Flor -> Roça Santi. -> Santa Mocamba -> Santa Fé. Une fois dépassées les quelques maisons de Santa Fé (hameau pratiquement abandonné), plus d’endroit habité, mais, si vous aviez des hésitations sur le chemin à suivre, et que vous rencontriez par hasard un bûcheron, il faut demander « o Fundo dos Morcegos » (la grotte aux chauves-souris).

Le point de départ est dans la petite ville de Trindade. Vous devez prendre la rue qui, sortant de la place principale en face de la pompe à essence, entre le siège de la Cámara Distrital (Conseil Municipal, Mairie), et le collège d’enseignement secondaire, monte puis tourne à droite derrière ce dernier (direction Uba Flor). A noter : sur la droite, une petite boutique (enseigne : Agrotec) vend le savon artisanal, à base d’huile de coco, fabriquée par la propriétaire de la boutique. Profitez-en. Continuez la rue ; lorsqu’elle se transforme en piste (carrossable) de terre battue et cailloux, commence notre marquage en jaune.

Point d’arrivée : la grotte de Santa Fé, souvent surnommée par les gens du cru « Fundo dos morcegos », le Trou aux chauves-souris.

La piste sortant de Trindade rejoint le tracé du PP MZ 03 (Belém – Roça Saudade par Milagrosa) au bout de quelques centaines de mètres. Montée en pente douce à travers les terres de la Roça Santi, plantées en cacaoyers. On laisse les bâtiments de la roçasur la droite (vous pouvez jeter un coup d’œil, sans vous montrer intrusif). Plus haut, quitter la piste carrossable et le PP MZ 03, pour prendre à gauche un étroit sentier (bifurcation indiquée sur un réservoir d’eau en ciment) ; en quelques dizaines de mètre, vous êtes à Santa Mocambá : quelques constructions en bois autour d’un tertre herbu et ombragé, fréquenté par des dizaines de pigeons roucoulants, qui sert de lieu de rassemblement aux vianteiros (les soutireurs de vin de palme) de la région, les fins de semaine et, plus encore, lors de la célébration de la fête de la sainte, le 1er weekend de juillet. Curieusement, la statue en bois qui se trouve dans un minuscule oratoire (devant lequel s’accumulent des offrandes et ex-votos) représente un personnage moustachu et barbu : Santa Mocambá (qui ne figure d’ailleurs sur aucun calendrier catholique), devenue patronne des vianteiros (lesquels sont tous des hommes, les femmes de la filière se consacrant de leur côté à la commercialisation du vin), s’est apparemment fortement virilisée.

Le parcours fléché vous mène ensuite, en haut du tertre de Santa Mocambá, sur une route asphaltée. Celle-ci constitue le point de départ du PP MZ 10. Le PP MZ 07, lui, vous fait traverser cette route, pour vous engager sur la gauche dans un chemin en sous-bois vallonné ; plantations de palmiers d’abord, puis de cacaoyers. Après avoir dépassé le hameau, plus ou moins abandonné, de Santa Fé, le chemin devient progressivement plus étroit, à flanc de montagne ; fréquents éboulements qui obligent parfois à contourner des arbres abattus. Brusque rupture de pente, descente abrupte vers la gauche sur quelques dizaines de mètres, on débouche sur l’entrée impressionnante de la grotte, en fait un canyon étroit et profond au fond duquel coule un torrent.

L’entrée du canyon, sous une voute rocheuse, est souvent le lieu de cérémonies religieuses, officiellement catholiques, mais relevant de pratiques cultuelles syncrétiques (notamment, le Paga Dévé, où l’on paie aux esprits des ancêtres ce que l’on doit à l’occasion d’un vœu ou en réparation d’une faute commise) ; vous y verrez les petites lampes à huile et les traces d’offrandes laissées par les fidèles. Pour accéder à la cascade, il faut remonter le canyon en barbotant dans le torrent caillouteux, avec en général de l’eau jusqu’aux genoux, parfois jusqu’à la taille après une pluie ; il arrive même qu’on n’ait plus pied et qu’il faille nager sur quelques mètres.  Le fond du canyon s’élargit en un cirque rocheux, où tombe une cascade d’une vingtaine de mètres ; la vasque creusée par sa chute permet une agréable baignade dans l’eau fraîche.

Au retour, halte repas possible au lieu-dit de Santa Mocambá : l’endroit comporte un bar-restaurant rustique dont la patronne fait une excellente cuisine populaire. Spécialités de la maison (entre autres) : le cozido de porco salgado (viande de porc salée cuite en court-bouillon) et le huambe de bunzios do mato (gros escargots servis avec une sauce à l’huile de palme rouge et à l’aubergine pilée). Tous les plats sont accompagnés de bananes plantain et fruit à pain bouillis. Évidemment, dégustation de vin de palme. Mais on recommande aussi, en digestif, un verre de Umpami umpabo (littéralement, en créole des roças, Un pour moi, un pour vous), un excellent rhum local aux saveurs boisées dont l’établissement garde le secret de fabrication.

Retour en une heure à Trindade ; ou en 45 minutes, à Belém, en empruntant le PP MZ 03.

L’excursion comportant cette remontée du torrent à pied, il convient de prévoir votre équipement en conséquence : maillot de bain, sandales en caoutchouc, un sac imperméable à porter sur la tête pour y garder vêtements secs et appareil photo. Vous pouvez également décider de laisser votre sac avec vos affaires, et notamment de quoi vous changer après la baignade, au bar-restaurant Santa Mocambá lors du trajet aller ; l’aimable patronne en prendra soin jusqu’à votre retour pour le déjeuner.

Si cette balade prend place en fin de semaine, compte tenu de l’affluence au bar-restaurant (soutireurs de vin de palme venant s’y délasser de leur dur travail, très physique, et gens de la capitale fréquentant ce lieu d’altitude pour passer le samedi ou le dimanche en abondantes libations), il vaut mieux réserver votre table par téléphone. Votre hébergeur le fera si vous le demandez.

Les plats servis sont d’une quantité généreuse. La spécialité de porc salé ne comporte que des doses d’un kilo (au prix de 6 Euros) : le plat comporte beaucoup d’os, il est vrai, mais une dose suffit pour deux personnes. En ce qui concerne les escargots, deux plats pour trois personnes peuvent être suffisants.

Si vous avez avec vous de petits enfants que vous ne souhaitiez pas transporter sur vos épaules lors de la marche dans le torrent, vous pouvez vous contenter de faire la balade jusqu’à l’entrée du canyon, sans aller jusqu’à la cascade : la grotte à l’entrée mérite à elle seule la visite, et les paysages du parcours sont d’un grand charme.

Il est hautement recommandé de faire cette balade avec un guide, en raison du parcours à pied dans le torrent, de l’envahissement du sentier par les broussailles en fin de parcours et des difficultés qu’on peut rencontrer en contournant des éboulements ; et, en tout cas, de ne pas la faire seul(e). Ce sentier est en effet peu fréquenté sur son dernier tronçon (au-delà de Santa Mocambá), et nous y avons déploré récemment (janvier 2023) un cas d’agression (évènement extrêmement rare à Sao Tomé). Cela facilitera en outre le contact avec les convives qui fréquentent le bar-restaurant de Santa Mocambá. Rémunération du guide pour la journée : lusophone, 35 € ; francophone + débroussailleur à la machette, 50 €. Prix repas à Santa Mocambá : 3 à 6 Euros par personne (hors boissons).

PP MZ 08 : De Batepa à Capela, et PP MZ 09 de Capela à Belém, au coeur du pays forro

Nous suggérons de faire ces deux parcours l’un à la suite de l’autre (on peut commencer indifféremment par le 08 ou le 09) ; chacun d’eux dure à peu près une heure. Si vous partez de Belém, vous pouvez joindre le point de départ du PP MZ 08 à Batepá en utilisant le PP MZ 02 (voir plus haut).

 

Difficulté : faible. Dénivelé : 200 mètres environ sur le PP MZ 08, une centaine de mètres sur le 09. Durée : Un peu moins d’une heure pour chacun. En les combinant avec le PP MZ 02, on effectue une boucle, de Belém à Belém, d’environ 3 heures.

 

Points de départ et d’arrivée du PP MZ 08 : au sommet, à l’issue du PP MZ 02, l’église de Batepá ; en bas, le croisement de route en face de l’école primaire de Capela. De ce croisement, pour prendre le PP MZ 09, suivre la route goudronnée qui va de Capela à Trindade (marquage au sol) ; après avoir dépassé l’embranchement avec le PP MZ 12, qui commence de l’autre côté de la route, un autre fléchage au sol vous fait prendre sur votre droite un chemin en pente étroit, qui serpente en lacets continus entre les habitations sous le couvert forestier. Le PP MZ 09 passe par Águas Secas, où il aboutit à la route asphaltée menant de Trindade à Belém – on y arrive en gravissant un escalier. De l’autre côté de la route, un peu sur votre gauche, le chemin reprend (marquage au sol) une route en terre, puis des sentiers en pente raide croisant ou longeant de petits ruisseaux sous de grands arbres, pour terminer sur la route principale Belém - Batepá, à Belém da Cima (Les Hauts de Belém), à une cinquantaine de mètres en bas de l’entrée des hébergements Casa Ediana et Casa Tiago.

Ces parcours permettent de voir des aspects de la vie rurale différents de la vision qu’on peut en avoir en restant sur la route (les deux parcours 08 et 09 sont grosso modo parallèles à celle-ci). L’exploitation des arbres fruitiers (safoutiers, spectacle particulièrement intéressant au moment de la récolte des safous, entre janvier et mars ; arbres à pain – toute l’année ; jaquiers ; qui fournissent une base essentielle à l’alimentation des habitants ; et aussi, papayers, manguiers, cajamanguiers - qui produisent la prune de Cythère -, quelques orangers et citronniers…) ; celle des palmiers à huile : pour leurs régimes de noix de palme, afin de faire artisanalement de l’huile de palme rouge, très employée dans presque tous les plats ; et plus encore, pour le soutirage du vin de palme, par incision au sommet du tronc. L’élevage des petits cochons noirs locaux, de plus en plus métissés avec de gros porcs blancs d’origine américaine, plus productifs mais moins savoureux ; l’élevage des volailles, toujours en plein air (pas de poulaillers, coqs et poules dorment la nuit sur les branches des arbres). Ces sentiers de forêt, larges sur le PP MZ 08, souvent étroits sur le 09, sont, bien sûr, très fréquentés par les habitants ; lesquels vont rester en général discrets, mais peuvent se montrer prolixes si vous leur posez des questions sur leurs activités (même si vous les posez en français, à condition de compléter par gestes) ; et en tout cas, toujours souriants. Par temps ensoleillé, vous êtes presque toujours sous l’ombrage de tous ces arbres, mais très beaux effets de lumière à travers les feuillages.

 

Pour se restaurer en cours de randonnée : plusieurs petits kiosques servent à manger des plats populaires (soupes, brochettes, escargots, parfois poisson grillé) pour des prix modiques (de 2,40 à 5 €), de part et d’autre de la route, à Belém, près de l’endroit où le PP MZ 09 croise cette route. Certains disposent de 2 ou 3 tables. S’y restaurer ou y prendre un pot est une merveilleuse occasion de nouer des contacts. N’hésitez pas à engager la parole le premier, dans votre langue. Chaleur des réponses et du dialogue garantie.

PP MZ 10 : Roça Java, Roça Abade et l'ancienne Roça Bombaim : la route des épices et douceurs de l'Obô

Malgré le nom qui lui a été donné, cette randonnée ne passe pas à l’intérieur du Parc Naturel de l’Obô, mais sur ses marges. L’impression de longer, en certains endroits, une vraie muraille végétale sur des pentes abruptes, n’en est pas moins impressionnante. Le parcours utilise des pistes joignant différentes roças (villages ou hameaux de plantation), pistes en principe carrossables ; mais plusieurs tronçons sont assez difficiles, notamment à cause de la boue en saison des pluies (il faut un bon 4x4), et aussi en raison de fréquents chutes d’arbre en travers du chemin, que les habitants mettent parfois 24 heures à pouvoir dégager à la tronçonneuse. En revanche, aucune difficulté pour des randonneurs à pied, qui peuvent ainsi profiter de ce qui est sans aucun doute un des plus beaux chemins de l’intérieur de Sao Tomé, par la majesté des arbres qui le bordent, l’harmonie des courbes des reliefs qui le dominent, le spectacle des eaux bouillonnantes des cours d’eau encaissés qu’on franchit sur des ponts. Vous êtes au cœur du massif montagneux central. Vous passez de la vallée du rio Mé-Zochi, à celle du Rio Abade, dans la partie supérieure de laquelle se situe Roça Abade. La roça Bombaim (prononcer Bombaïm) se trouve, elle, au niveau de deux belles cascades dont les torrents, en s’unissant, donnent naissance à ce rio, qui se jette dans la mer sur la côte Est, près d’Agua Izé. L’orientation de la vallée du Rio Abade la rend pénétrable aux vents du sud-est, qui, à Sao Tomé, sont porteurs de nuages, notamment en saison sèche. Aussi, ne vous étonnez pas si la zone est particulièrement humide et le ciel très souvent couvert. Mais les paysages, même sous ce ciel bas, sont admirables de verdure intense et de mystère. Et Bombaim, dominée par des sommets aux silhouettes dentelées semblables aux montagnes des peintures chinoises sur soie, offre le spectacle d’une architecture coloniale originale, même si l’on ne peut que déplorer la dégradation récente des appartements intérieurs.

On notera d’ailleurs que, sur cette route des épices, la toponymie locale est inspirée par l’Asie : Roça Java, roça Bombaim (nom portugais de Bombay, qui fut portugaise avant d’être cédée aux Anglais), et une roça abandonnée au-dessus de Bombaim qui porte le nom de Nova Ceilão (Nouvelle Ceylan). On cultive du poivre et de la cannelle près de Roça Java, et les vergers de Roça Bombaim, avant d’être abandonnés lors de la crise pandémique récente, étaient célèbres dans l’île pour leur production de mangoustan, un fruit typique de l’Asie du Sud-est.

Le marquage du PP MZ 10 est le fruit de la rencontre de deux initiatives. Celle de l’association PTP SANTOLA, désireuse de multiplier les chemins de randonnée de moyenne altitude dans le massif montagneux central et ses magnifiques paysages, et de faire connaître le patrimoine architectural original que constitue la maison de maître de la roça Bombaim ; et celle de la communauté des habitants de Roça Abade, qui, ayant mis sur pied une petite unité de transformation de produits agricoles, souhaitait inciter les promeneurs, nationaux et étrangers, à connaître leur roça, son environnement et ses productions ; en 2023, la communauté de Roça Abade a créé une « route des épices et des douceurs de l’Obô », qui a été presque aussitôt intégrée au parcours vers la roça Bombaim que souhaitait promouvoir PTP SANTOLA.

Longueur. Le parcours de cette randonnée forme une boucle, qui commence à quelques centaines de mètres de Santa Luzia. Pour raccorder cette boucle au réseau de sentiers balisés déjà existant, il a été procédé au marquage depuis Santa Mocamba, ce qui permet aux marcheurs d’accéder au PP MZ 10 par le PP MZ 07 (depuis Trindade, environ 50 minutes de marche) ou par le PP MZ 03 (depuis Belém, environ une heure). La longueur totale du PP MZ 10, y compris le tronçon Santa Mocamba – Santa Luzia, est d’environ 27 km. Si vous vous contentez de parcourir la boucle à partir de Santa Luzia, qui, tout comme Santa Mocamba, est accessible en voiture, la distance à parcourir est moindre : environ 21 km. Si vous n’avez pas de véhicule de location, vous pouvez demander à certains hébergeurs de notre association, la possibilité qu’on vienne vous chercher en voiture à Santa Luzia ou en un autre point du parcours pour vous ramener à votre logement.

Difficulté : faible ; mais la randonnée demande des qualités d’endurance, compte tenu de sa longueur.

Dénivelé : le point de départ (Santa Mocambá) et le point d’arrivée (Roça Bombaim) sont presque à la même altitude : respectivement, 410 et 460 m. ; mais le parcours comprend une succession de montées et descentes, en pente douce ou modérée (sauf le court tronçon entre Roça Nova et Roça Bombaim, plus raide), soit environ 470 mètres de dénivelé cumulé positif.

Durée : 4 heures depuis Santa Mocambá, pour Bombaim en passant par Roça Abade ; 3 heures au retour (on ne passe pas par Roça Abade, mais par le col de Boraco, à 620 m. d’altitude) ; total 7 heures de marche, hors pauses. Si vous vous contentez de ne prendre que la boucle au départ de Santa Luzia, comptez un peu moins de 6 heures. Les petits trajets menant à l’hôtel de Santa Luzia et à la roça Plato, situées chacune à quelques centaines de mètres de la piste principale, rallongent ces temps de marche d’environ une demi-heure. 

Santa Mocambá est un lieu-dit intéressant à visiter, que nous décrivons dans le cadre du PP MZ 07. Vous pouvez y accéder en voiture, depuis Trindade, en 2 km d’une route asphaltée récemment refaite (début 2024). Le PP MZ 10 prend le long de cette route durant un peu plus de 300 mètres – alors que le PP MZ 07 demande de traverser cette route et part sur la gauche en utilisant un sentier de terre battue.

A environ 100 mètres du départ, jonction avec le PP MZ 03, qui vient de votre droite et forme un tronçon commun avec le PP MZ 10 sur environ 200 mètres. Les deux parcours divergent à l’extrémité de la route asphaltée ; prendre à gauche la piste en direction de Bombaim (fléchage jaune et panneau indiquant « Rota das especiarias »), en laissant sur votre droite la suite du PP MZ 03 qui emprunte la route pavée menant à Milagrosa.

On laisse sur la gauche une piste pour la roça Santa Clara, puis une autre piste qui pourrait conduire à la roça Plato (pour visiter la roça Plato et ses plantations de poivre, nous recommandons de continuer plutôt le PP MZ 10 en suivant la signalisation de la « Route des Epices »). Puis, pendant près de 2 kilomètres, la piste suit le rio Mé-Zochi, qui coule en torrent aux eaux cristallines au fond d’un lit profondément encaissé dominé par les ramures de grands arbres, et que l’on franchit sur un pont. On est alors à 3 km du point de départ de la randonnée. Juste avant ce pont, piste à droite qui monte vers la cascade de Milagrosa et rejoint le PP MZ 03.

A 300 mètres du pont, entrée de la roça Santa Luzia sur votre gauche (panneau indicateur). Santa Luzia est une ancienne plantation, qui abrite maintenant un joli petit établissement hôtelier portant ce nom, où l’on peut prendre rafraîchissements et repas (ces derniers généralement pour 400 Dobras, soit 16 €).  Pour le repas, il est très recommandé de réserver ; tél. 00 239 986 13 90 ; ou, en cas de difficulté – la ligne ne passe pas bien – 980 29 89, qui transmettra. Hébergement possible, dans un bâtiment au milieu d’un beau jardin, chambres avec salle de bain et eau chaude ; prix, pour une personne, 50 € ; pour deux, 65 € ; chambre triple 75 € ; ces prix s’entendent petit déjeuner compris.

Quatre cent mètres après l’entrée de Roça Santa Luzia, croisement formant fourche : la piste de droite mène à Bombaim en 8 km et demi en passant par Santa Adelaide et le col de Boraco. Dans la présente description, c’est le chemin que vous emprunterez au retour. La piste de gauche (panneau indicateur « Rota das especiarias ») conduit à Roça Abade (en 5 km), d’où vous pourrez rejoindre ensuite Roça Bombaim (7 km plus loin).

Le chemin de Roça Abade franchit sur un pont un affluent du rio Mé-Zochi, dont la vallée étroite permet un joli coup d’œil portant, par temps clair, jusqu’à la plaine littorale entre des plans de montagne dentelées. Le relief autour de la piste devient plus abrupt. Noter, sur votre gauche, la formation en pain de sucre du Morro Mandioca, et sa végétation arborée où éclatent, en saison sèche, les bouquets de couleur orangée des érythrines (arbre d’ombrage utilisé dans les plantations).

A 5,3 km de Santa Mocamba (2,3 de Santa Luzia), piste à droite menant, en 500 mètres, à la roça Plato (panneau indicateur). L’origine du nom de cette roça est bien le mot français « plateau », passé dans la langue portugaise pour désigner le même type de relief. Le concessionnaire de cette roça, autrefois nationalisée, et distribuée au moment de la réforme agraire des années 1990 à ce qu’on a appelé un « moyen exploitant », est passé de l’exploitation du cacaoyer en mode traditionnel, à la production de cacao biologique. Puis, encouragé par son succès, il a adjoint à cette culture celle du poivre bio (le poivre récolté à Sao Tomé est renommé pour sa qualité, et recherché par l’épicerie de luxe). Le centre de séchage et conditionnement de son poivre est entré en fonction fin 2023 et sera ouvert à la visite en 2024. Vous pouvez d’ores et déjà visiter sa plantation, avec lui ou un employé. Le poivre est une liane, qui a besoin d’un tuteur ; ici, un arbuste à croissance rapide qu’on taille pour ne pas dépasser 1,5 à 2,5 m. de haut, et qu’on emploie chez nous souvent pour faire les haies vives, le quimé (Newbouldia laevis, de la famille des bignioniacées), d’un élégant port très droit, avec des feuilles d’un profond vert vernissé. Vous pouvez aussi visiter les installations de cacao bio, notamment les aires de séchage solaire.

Revenir sur le chemin principal. A 1,2 km de l’entrée de la roça Plato, on arrive à la roça Java, dont les beaux bâtiments administratifs et maison de maître se dressent sur une aire surélevée qui marque la ligne de partage des eaux entre le bassin du rio Mé-Zochi et celui du rio Abade. Roça Java, plus encore que ses voisines, a perdu beaucoup de ses habitants par exode rural et ne compte plus qu’une dizaine de familles. Elle reste pourtant le siège de l’école primaire où viennent étudier les enfants des roças environnantes (Roça Abade, Plato, Santa Luzia). Une fondation franco-santoméenne, la Fondation Micondo, a choisi Roça Java pour y effectuer un travail de réhabilitation, incluant, entre autres, la restauration des bâtiments, une redynamisation de la production agricole, une amélioration de l’accès à l’eau courante et à l’énergie, un appui à l’école, à la formation des maîtres et à l’éveil des enfants à toutes les formes de créativité artistique. Pour plus de détails sur ce magnifique et généreux projet, consultez le site www.fondationmicondo.com ; cela vous donnera aussi l’occasion de faire connaissance avec le groupe musical santoméen Calema, qui fait partie des membres fondateurs de la fondation ; des chanteurs et musiciens qui sont écoutés par des millions d’auditeurs dans le monde lusophone.

Vous pouvez déjeuner à Roça Java, au pied de la maison de maître, de savoureux repas préparés par des femmes de la communauté, à condition de réserver au minimum 24 heures, si possible 48 heures à l’avance. Prix du repas  (hors boissons) : 15 €. Et, depuis avril 2025, la Roça Java peut aussi vous héberger dans un sympathique gîte rural avec salle de bain (douche à l’eau froide). Renseignements (en français ou en portugais) : 00 239 907 76 50 ou 984 27 64.

A partir de Roça Java, le chemin amorce une descente sur la vallée du rio Abade, qui coule 250 mètres plus bas, et la roça du même nom, durant 2 km. Magnifiques vues dégagées sur la vallée, la chaine de montagne de l’autre côté, où l’on distingue, accrochées à flanc de pente, les maisons blanches du village-roça de Claudino Faro ; et, après un virage en épingle à cheveux, vue sur les toits de Roça Abade en contrebas, dont on peut observer ainsi le plan typique des roças coloniales portugaises, avec son aire centrale, la maison du « feitor » (le directeur) d’un côté de cette aire, un grand lavoir à l’opposé, les maisons des travailleurs sur les côtés, les bacs de fermentation du cacao et les aires de séchage un peu plus loin.

Arrivée à Roça Abade. Au moment de la réforme agraire du début des années 1990, les terres de cette roça (autrefois dépendance de la roça Milagrosa, dont le siège était situé à 9 km) ont été toutes distribuées par lots aux travailleurs qui y résidaient. La plupart des membres de la communauté ont alors fait preuve de beaucoup d’esprit d’entreprise, en diversifiant leurs activités, adjoignant au roi cacao des cultures vivrières et de l’élevage : porcs, chèvres, poules, canards, et aussi, chose rare à Sao Tomé, élevage de dindes. Plus récemment, les habitants ont créé une petite unité artisanale de transformation de certains produits de leurs cultures et de la cueillette dans la forêt proche. Vous pourrez acheter, dans la boutique « Doxi d’Obô » (Douceurs de la forêt primaire, en créole), des épices : cannelle sous toutes ses formes, poivre (dont poivre sauvage), petits piments séchés, ossame (le rameau d’une plante, Aframomum daniellii, ou cardamome africaine, qui assaisonne ragoûts et sauces en leur conférant une saveur légèrement pimentée) ; des tisanes ; de délicieuses confitures, notamment à base de cajamanga (la prune de Cythère) au goût acidulé ; et, très originale, une gelée de gomme de cacao (la gomme est le suc qui entoure les fèves et que l’on jette lorsqu’on fait fermenter celles-ci), au goût très légèrement cacaoté. Si la boutique est fermée lors de votre passage, montrez que vous voulez y rentrer à n‘importe qui se trouvant à proximité, on ira vous chercher une des responsables de la vente. Vous pouvez aussi boire un coup de vin de palme à un des comptoirs qui bordent la place centrale, vous constaterez alors que la méconnaissance de la langue n’est nullement un obstacle aux contacts.

Au-delà de Roça Abade, le chemin continue dans les plantations de cacao en passant par le petit hameau de Roça Nova (dindons d’élevage imposants qui paradent comme s’ils étaient des paons d’ornement), puis grimpe une pente assez forte pour accéder à la piste principale qui dessert Bombaim. Prendre cette piste vers la gauche. Celle-ci longe ensuite le rio Abade, aux eaux tumultueuses, souvent très chargées en terre, dans une zone sujette à de fréquents glissements de terrain. On arrive alors aux deux cascades de Bombaim. La première est celle dont la chute est la plus haute : près d’une vingtaine de mètres. On l’entrevoit sur la droite depuis la piste ; on y accède par un chemin étroit, et quelque peu glissant, entre les rochers. On débouche en moins d’une centaine de mètres sur le bassin de la cascade : une large vasque harmonieuse au fond rocheux. Le site, avec ses larges rochers plats gris et ocre en bordure du bassin aux eaux limpides, invite à la baignade. Fraicheur de l’eau garantie.

La deuxième cascade, dont le chemin d’accès se situe à une cinquantaine de mètres du précédent, est moins haute et plus large. On peut aussi s’y baigner.

Au sortir des cascades, il reste 1 kilomètre pour parvenir à la maison de maître de la roça Bombaim. On passe dans une bambouseraie impressionnante, les énormes bambous formant voûte qui frissonne à la moindre brise au-dessus de la tête des promeneurs. Juste avant l’entrée des jardins de la roça, on laisse à droite une piste qui mène à Aguas das Belas, un hameau fameux par la qualité du vin de palme qu’on y tire et des cochons de lait qui y sont élevés par la coopérative locale. Vous aurez pu croiser sur la piste principale camions et surtout motos, avec leur chargement de bidons remplis de vin de palme que ces véhicules se dépêchent de livrer en ville avant que la fermentation ne lui donne un goût trop fort.

Roça Bombaim est une très belle demeure de l’époque coloniale, au plan original, qui fut dans les années 1990, intelligemment restaurée, meublée et décorée, et ainsi transformée en auberge et restaurant. Malheureusement négligée par les héritiers du propriétaire dans les années 2010, en voie de dégradation, elle a fermé lors de la pandémie de 2020, et une partie du toit s’est écroulée en 2021. Une restauration inespérée due au tournage d’un film dont elle a servi de décor, a eu lieu pour sauver la structure en 2022, mais l’intérieur n’est plus habitable comme hôtel. Toutefois, il est possible de s’y faire servir à déjeuner dans le hall du rez-de-chaussée ; on en profitera alors pour visiter les chambres et les salons, qui ont gardé leurs planchers de bois rare, des fenêtres à volets ajourés, quelques vitraux colorés aux portes de la salle à manger. Pour le déjeuner, il est indispensable de réserver la veille, tél. 988 93 02, ou 993 17 53. Un guide de Roça Abade (Osmar) vient pour l’occasion avec sa famille vous préparer un excellent poisson garni, ou du canard de Roça Abade ; fruits au dessert, et café. Prix du menu : 300 Dobras par personne (12 €), hors boissons. Si vous désirez du vin, faites-le savoir à la réservation ; sinon, bière ou sodas et eau minérale. Exceptionnellement, vous pourrez, sur demande, manger de la fameuse dinde de Roça Abade ou Roça Nova (une occasion unique de savourer de la dinde non industrielle se nourrissant pour une large part de ce qu’elle trouve dans la nature), mais il faut que votre groupe soit en nombre suffisant pour justifier l’abattage d’un de ces gros volatiles ; et le prix ne sera pas celui du menu ordinaire.

Le retour se fait par la piste principale, que vous continuerez après l’embranchement du chemin par lequel vous êtes venu de Roça Abade et Roça Nova. Montée en pente douce vers le col de Boraco, avec quelques beaux points de vue sur la droite, à condition d’arriver à écarter les broussailles ou les branches qui forment souvent écran. A gauche, la végétation arborée, sur des pentes abruptes dominant la route, donne une impression de muraille végétale. A 4,5 km de Bombaim, Boraco, à 620 mètres d’altitude, marque le point de partage entre le bassin du rio Abade et celui du rio Mé-Zochi.

Descente, de Boraco sur le village de Santa Adelaide, situé au milieu de champs cultivés ; au centre du village, une charmante et rustique petite église de bois blanc (de confession protestante évangélique). Un peu plus d’un kilomètre au-delà de Santa Adelaide, à l’embranchement menant à Roça Abade sur votre droite, on retrouve le chemin parcouru en première partie de randonnée et on arrive, 400 mètres plus loin, à l’entrée de Santa Luzia. Il reste 3,2 km à parcourir pour atteindre Santa Mocambá.

Se restaurer ou prendre une boisson avant, pendant ou après le parcours du PP MZ 10.

A Roça Santa Luzia, le restaurant de l’hôtel offre, dans un joli cadre (en terrasse ou en salle) des plats d’excellente qualité. En dessert, délicieuses glaces au chocolat ou mousses de cacao faites maison avec le cacao récolté sur les terres de la roça.

La Roça Java, dans le cadre du projet de la Fondation Micondo, prépare pour ses visiteurs et pour les hôtes qu’elle héberge des repas d’une cuisine familiale particulièrement savoureuse.

Il est possible, nous l’avons dit, de commander à des guides habitant Roça Abade des déjeuners servis dans le hall de la magnifique Roça Bombaim (ce qui vous donne l’occasion de visiter l’intérieur du bâtiment).

Dans tous les cas, il faut impérativement réserver au moins 24 heures à l’avance (ou, encore mieux, deux jours). Santa Luzia :  tél. (239) 986 13 90, ou 980 29 89. Roça Java : (239) 907 76 50 (Christophe) ou 984 27 64 (Edson). Roça Bombaim : (239) 993 17 53 (Walter) ou 988 93 02 (Osmar).

 

PP MZ 11 : De Monte Café au Jardin Botanique de Bom Sucesso, par Sao José et retour par Nova Moca

Cette randonnée est la plus élevée en altitude de celles tracées en dehors du Parc Naturel de l’Obô. Elle vous fera connaître la zone cultivée entre 700 et 1200 mètres d’altitude (le Jardin Botanique est situé à 1157 m.), en plein développement agricole depuis que les cultures vivrières (avec irrigation d’appoint) sont devenues une activité souvent plus rentable, en tout cas moins soumises aux fluctuations du marché, que les cultures traditionnelles de produits d’exportation tels que le cacao et le café. Les plantations de café et même de cacao n’ont pas disparu du paysage, du moins en-dessous de 1000 mètres, mais il en résulte un parcours agréablement varié, profondément humanisé, où les bosquets de caféiers et de cacaoyers se coulent entre des collines cultivées en terrasses avec un soin minutieux, alors même que les hauteurs, culminant entre 1200 et 1600 mètres, qui dominent Bom Sucesso, impressionnent par la densité sauvage des frondaisons de la forêt primaire.

Le PP MZ 11, signalisé par nos soins en 2024, présente plusieurs variantes. La variante la plus longue forme une boucle : point de départ et d’arrivée à Monte Café. Il est aussi possible de ne faire qu’une boucle plus courte, de São José à São José (Monte Café est accessible par route ; São José est accessible aux véhicules par une piste carrossable d’environ 1,5 kilomètre qui se greffe sur la nationale EN 3, entre Monte Café et Roça Saudade).

De plus, dans la variante longue, le trajet entre Monte Café et São José peut lui aussi s’effectuer de deux façons différentes : par un large sentier signalisé, d’une longueur d’environ 3 kilomètres, en pente douce ou modérée. Ou par un chemin très escarpé, beaucoup plus court, passant par le site des antennes relais de télévision de São José. Ce dernier est réservé aux randonneurs en bonne forme physique, on doit souvent s’aider des mains pour grimper ; et, peu fréquenté, il est très mal entretenu, il faut parfois s’ouvrir un passage à la machette. Pour cette raison, nous recommandons de ne le faire qu’avec un guide.

Vous pouvez recourir aux services d’un guide local (officiellement enregistré comme tel) à Monte Café : le local des guides se trouve dans la petite boutique de souvenirs et objets d’artisanat sur la place centrale de Monte Café Sede. Vous pouvez téléphoner pour réserver un des trois guides au président de leur association, Anacleto : (00 239) 994 43 98.

Signalons que ces guides dits « locaux » sont là pour faire visiter les lieux intéressants de la Roça Monte Café, notamment les anciennes installations de traitement du café et du cacao, et fournir des informations sur la vie de la roça. Profitez -en pour faire inclure dans la prestation ce parcours de visite, à réaliser avant ou après votre randonnée sur le PP MZ 11.

Difficulté : faible à moyenne dans l’ensemble du parcours, si vous choisissez de ne pas passer par le chemin des antennes de télévision évoqué ci-dessus et de prendre le sentier signalisé qui passe par le collège d’enseignement secondaire de Monte Café, ou de ne partir que de São José.

Dénivelé cumulé : de Monte Café à Monte Café, environ 470 mètres. La variante courte, de São José à São José : 300 mètres.

Longueur et durée : environ 13 km pour la variante la plus longue, en 4 heures quarante de marche ; le passage par le chemin difficile des antennes relais permet de réduire ce trajet d’environ 2,2 kilomètres. La boucle partant et revenant à São José fait à peu près 9,5 km ; durée : 3 heures. N’oubliez pas non plus d’inclure dans vos prévisions d’horaire le temps que vous consacrerez à la visite du Jardin Botanique à Bom Sucesso (3/4 d’heure à une heure) ; et éventuellement une halte à Roça Saudade, soit pour y déjeuner au restaurant Almada Negreiros, soit pour prendre un café gourmand à la Loja Comunitaria. 

Le départ du PP MZ 11 à Monte Café (à 680 m. d’altitude) est marqué par un panneau indicateur à fond jaune, en face de l’entrée du Musée du Café. Si vous venez de la place centrale de la roça : à pied, montez les escaliers qui mènent au musée, prenez ensuite sur votre droite ; en voiture, une rampe carrossable permet, après un virage en épingle à cheveux, d’accéder à un terre-plein devant l’entrée du musée (parking).

Le chemin signalisé monte en pente modérée, en passant au départ devant un petit bar café sur votre gauche. On sort de la zone d’habitations pour rentrer dans celle des cultures (bananiers, quelques caféiers et cacaoyers, par endroits, maïs et maraîchage), on passe un peu plus loin devant le collège secondaire de Monte Café. Après un peu moins d’une heure de marche, on rejoint le tracé du PP MZ 04 (Belém – Roça Saudade). Le tronçon commun aux deux parcours contourne la petite usine d’embouteillage de l’eau minérale Bom Sucesso (Bom Sucesso est le nom du plateau où se trouve le Jardin Botanique, l’eau est captée là-haut, et amenée par une conduite à l’usine).  Le sentier débouche, après un bref moment de parcours entre de hautes broussailles semées de buissons, sur la piste carrossable allant de Roça Saudade à São José. Quitter le PP MZ 04 et prendre à droite pour aller à S. José (panneau indicateur).

Un kilomètre plus loin, le village de São José est une ancienne « dépendance » de la roça Monte Café, au milieu de plantations de café et de cacao. Prendre tout droit la rue principale du village (ancien panneau de signalisation « Rota do café »). Peu après la sortie du village, une bifurcation, avec deux panneaux indicateurs : tout droit, le chemin mène à la Pousada Bemposta, un charmant petit hôtel-restaurant avec piscine situé en pleine nature ; mais c’est le chemin qui monte en pente raide sur votre gauche que vous devez prendre, pour vous rendre à São Marcos (un panneau indicateur signale aussi un restaurant dans ce village).

Jusqu’à São Marcos, chemin (plus ou moins carrossable) en forte pente, offrant de magnifiques échappées en contrebas sur un paysage de montagnes boisées, troués de quelques champs cultivés en terrasses ; au fond, il est parfois possible d’entrevoir la mer. Après environ 45 minutes de grimpette, à 1,7 km de São José, le hameau de São Carlos, situé sur un replat, se trouve exactement à 1000 mètres d’altitude. Il ne reste plus à S. Carlos que quelques 3 familles, comptant une quinzaine de personnes. Le bâtiment pimpant qui abrite un local de l’association des guides et un restaurant géré par la communauté est malheureusement fermé, et nous ne savons pas quand ledit restaurant sera réellement en fonctionnement ; renseignez-vous auprès de vos hôtes avant votre randonnée, peut-être les habitant(e)s du hameau vont-elles arriver à concrétiser leur projet dans quelques temps ; en cas d’ouverture, il est clair qu’il faudra réserver au minimum la veille, les femmes du hameau ayant besoin de prendre le temps de s’approvisionner au-dehors pour confectionner une partie du menu.

Le parcours continue en prenant le chemin à droite du bâtiment du restaurant (marquage bien visible en bas du mur).  Ce n’est plus une piste carrossable, mais un chemin caillouteux, cependant encore assez large. Peu après, bifurcation, prendre tout droit. Le sentier est de plus en plus étroit, pentu, dans un environnement boisé, mais reste bien tracé. Après environ une demi-heure d’effort, il débouche sur le plateau de Bom Sucesso : des pentes douces cultivées en terrasses, des bananiers en bosquets ou en haies rectilignes, un panorama de hauteurs montagneuses toutes proches couvertes de forêt dense. Bom Sucesso est qualifié de « Porte de l’Obô », l’obô étant le nom qu’on donne dans l’île à la forêt primaire.

Après avoir serpenté entre les champs maraîchers soigneusement irrigués par le système du goutte à goutte, le sentier débouche à angle droit sur la route Roça Saudade – Bom Sucesso : une route carrossable pour partie en terre, comportant des tronçons pavés. Pour monter jusqu’au Jardin Botanique (à environ 10 minutes), prendre sur la droite ; vers la gauche, la route descend en direction de Nova Moca (panneau indicateur).

Le Jardin Botanique d’altitude est situé à 1157 m. On y a planté presque toutes les espèces végétales que l’on peut trouver dans l’île. Visites guidées intéressantes, en portugais ou en français. Prix : laissé à l’appréciation des visiteurs. Le Jardin Botanique abrite la Maison des Guides Forestiers (guides de montagne), où l’on peut passer la nuit dans des conditions proches de celles d’un refuge alpin. Réservations auprès de Francisco, le président de l’association de ces guides ; tél. (00 239) 987 49 04.

Le Jardin Botanique et la Maison des Guides sont le point de départ des randonnées dans le Parc Naturel de l’Obô ; pour randonner dans le Parc, obligation de contracter un guide, soit un guide forestier de la Maison des Guides (contacter également Francisco), soit un guide de l’association agréée Monte Pico (par exemple, les membres également membres de l’association PTP SANTOLA, tous francophones : Lucio Primo, tél. 990 44 68 ; Brice Primo : 991 00 60 ; Arlindo Soares : 999 72 70 ; indicatif de S. Tomé et Principe : 00 239).

La descente du Jardin Botanique sur Nova Moca prend environ 55 minutes.

Les paysages sont d’une grande sérénité, avec une végétation plus aérée que dans d’autres chemins de randonnée. N’hésitez pas, lorsque la route domine la profonde vallée du Rio Mé-Zochi et le village de São Nicolau, à vous en écarter de quelques pas sur la droite en direction de la vallée, vous aurez des points de vue magnifiques.

Nova Moca est un petit village issu d’une roça coloniale défrichée au milieu du 19ème siècle pour y produire un café arabica de haute qualité (d’où le nom : Moka nouveau). Une partie des terres a été reprise au début des années 2000 par un ingénieur agronome d’origine italienne installé à Sao Tomé et Principe, Monsieur Claudio Corallo, qui, en suivant des méthodes de culture rigoureuses et en procédant à une sévère sélection des plants, a redonné au café de Nova Moca la renommée d’antan, ce qui fait que ce café se vend sur les marchés mondiaux deux fois le prix d’un bon café du Brésil ou de Colombie. Signalons que le même Monsieur Corallo tire, du cacao des plantations de l’île de Principe, un chocolat (qui porte son nom) fabriqué à Sao Tomé qui est considéré comme un des meilleurs du monde et a été primé dans de nombreux concours internationaux.

Après Nova Moca, le PP MZ 11 va rejoindre, sur une petite partie de son parcours, le PP MZ 04.

Deux possibilités : un raccourci, signalisé par nos habituelles marques jaunes, vous fait prendre, immédiatement à la sortie du hameau, un sentier sur la gauche au milieu de cacaoyers, qui descend vers Chamiço. Au bout d’environ 5 minutes, avant d’arriver à Chamiço, le parcours prend un sentier plus pentu sur votre droite, qui vous mènera rapidement à la route asphaltée EN 3, où vous rejoignez le parcours du PP MZ 04.

Mais vous pouvez également choisir de faire un petit crochet jusqu’à Roça Saudade : pour le point de vue, pour vos achats de gourmandises à la « loja comunitaria », et pour déjeuner au restaurant gastronomique Almada Negreiros, situé à l’extrémité des PP MZ 03 et 04 (sur le restaurant et la roça, voir ce qu’il en est dit dans la description du PP MZ 03). Pour cela, continuez votre chemin sur la route pavée en sortant de Nova Moca, jusqu’à parvenir, en 300 mètres environ, sur la route asphaltée EN 3. Empruntez cette route en descente ; la roça Saudade est sur votre droite. Vous pouvez gagner le restaurant par un escalier en pierre qui descend depuis la route, ou prendre un peu plus loin la petite route pavée qui rentre dans le village (panneaux indicateurs, et marquage au sol du PP MZ 04).

A partir du point de jonction entre les PP MZ 04 et 11, vous prenez la piste en terre qui mène à São José.

Si vous avez laissé votre véhicule dans ce village, continuez cette route en terre toujours tout droit, sur environ 1,2 km. Si vous souhaitez revenir sur Monte Café, il faut, au bout d’environ 250 mètres, prendre sur la droite le sentier (marquage et panneau indicateur) que vous avez déjà pris dans le sens de la montée, qui vous mène à l’usine d’embouteillage d’eau minérale. Deux cent mètres après cette usine, prendre à droite un étroit sentier (marquage), qui vous amènera à Monte Café Aldeia. Une centaine de mètres en bord de route asphaltée, et, peu après le panneau indiquant l’atelier (Belas Artes) du calligraphe et peintre naïf Julio, le tracé du PP MZ 11 se sépare de celui du PP MZ 04 : marquage au sol ; pour le PP MZ 04 (en direction de Vanguarda, Batepá et Belém), il faut traverser la route et prendre le chemin sur votre droite. Le PP MZ 11, lui, vous ramène à Monte Café Sede en prenant sur votre gauche, ce qui vous fait rentrer à l’intérieur du hameau. A la sortie de ce dernier, vous passez devant l’entrée de Casa Nilsa (chambres d’hôtes du guide de montagne Lucio Primo, membre de l’association PTP Santola), puis vous arrivez au Collège d’Enseignement Secondaire de Monte Café. Retour au point de départ.

Se restaurer ou prendre une boisson avant, pendant ou après le parcours du PP MZ 11.

A Monte Café Sede, il existe actuellement 3 restaurants.

Sur la place principale, Efraim Guest House présente deux menus, l’ordinaire et le gastronomique. Ce dernier est basé sur l’utilisation des deux produits de la firme Efraim, le café et le cacao, dans tous les plats, ce qui donne des saveurs très originales : ainsi des brochettes de prune de Cythère saupoudrées de café et nibs de cacao, servies en entrée, ou du poisson fumé au café en plat de résistance, et du sorbet à la noix de coco semé d’éclats de cacao grillé, en dessert. Ce menu gastronomique doit être commandé au moins 24 heures à l’avance (réservation par téléphone, en portugais, anglais ou français, auprès d’Amady, 00 239 994 03 98). Il est aussi recommandé de réserver le menu ordinaire (qui comporte souvent un excellent cebiche de poisson cru mariné au citron vert et fruit de la passion) le matin, avant de faire la randonnée ; faute de quoi, vous risquez un long délai d’attente en allant impromptu à Efraim Guest House à votre retour. Prix : de l’ordre de 15 à 18 € par personne, hors boisson.

A quelques pas de là, un petit restaurant populaire, Chez Tia Lau. Rien à voir avec le précédent, ni pour le cadre, ni pour le prix, mais une cuisine savoureuse : la lussua (plante locale ressemblant aux épinards) mijotée avec de petits morceaux de poisson et servie avec du riz, pour 70 Dobras (2,80 €), des escargots en sauce forte pour 80 Dobras (3,20 €), du poisson grillé servi avec bananes bouillies, riz et fruit à pain pour 100 ou 120 Dobras (4 à 4,80 €). Tel. 999 20 84. Pour s’y rendre, descendez la rue principale de Monte Café au-delà de Efraim Guest House sur moins de 100 mètres, puis demandez Restaurante Tia Lau, on vous indiquera (on descend des escaliers sur la droite, mais pas d’indication écrite).

A l’entrée de Monte Café en arrivant par la route pavée, l’Esplanada , bâtiment à étage très bien signalé, d’où s’échappent généralement des flots de musique dansante, est une brasserie qui fait également restaurant, où l’on mange, comme dans beaucoup d’endroits de ce genre à Sao Tomé, du poisson grillé garni bien préparé, pour un prix variant, selon grosseur et espèce de poisson, entre 100 et 150 Dobras (4 à 6 €). Réservation pas nécessaire.

Sur le chemin. Nous espérons l’ouverture prochaine du petit restaurant de gestion communautaire de São Carlos (voir ce que nous en disons dans la description du parcours).

A Bom Sucesso, le snack bar situé exactement en face du Jardin Botanique et au départ des randonnées dans le Parc Naturel, n’a pas rouvert après la crise de la COVID, au grand regret des randonneurs. On peut y apporter son pique-nique et manger sur ses bancs.

Vaut le détour : le restaurant gastronomique de la Casa Museu Almada Negreiros, à Roça Saudade. Menus à 20 €, service stylé, cadre exceptionnel, plats raffinés à base de produits locaux. Réservation pas indispensable, mais réduit toujours le risque d’attente : (239) 981 31 04, en portugais, français ou anglais.

Dans Roça Saudade, à quelques dizaines de mètres en contrebas du restaurant Almada Negreiros, à côté de l’école maternelle, la boutique communautaire de produits locaux, vendus sous la marque « Sabores que deixam saudades » (Saveurs qui laissent nostalgie) sert aussi des cafés ou des thés gourmands (à S. Tomé, on appelle thé toute infusion ou décoction de plantes locales) ; la boisson est accompagnée de biscuits maison de farine de manioc (au cacao, au basilic, à la cannelle) servis parfois avec un peu de confiture maison et des framboises de Chine (une baie locale dont le goût rappelle plutôt la fraise).

Tout cela permet de reprendre des forces en fin de randonnée !

 

PP MZ 12 : Les cascades d'Antonio Vaz : baignade et restauration

Le chemin balisé de cette randonnée se raccorde à notre réseau à partir des chemins PP MZ 09 et 08. Point de départ dans le village de Capela, à 320 m d’altitude, au raccordement entre les PP MZ 09 et 08. Point d’arrivée en contrebas de la ville de Trindade, à quelques centaines de mètres du charmant cimetière de cette bourgade. L’intérêt du parcours réside dans l’extraordinaire site d’Antonio Vaz, où se réunissent deux cascades. Celle du torrent Agua Grande, que le chemin de randonnées franchit par un petit pont, permet une baignade agréable soit juste en amont de la cascade, soit en aval, dans l’enceinte du bar restaurant A-TRI, où vous pouvez prendre un verre, ou (sur réservation) un repas, exactement entre les deux cascades, en jouissant d’une vue spectaculaire.

Difficulté : faible ; deux passages un peu raides, mais très courts, pour descendre dans le lit du torrent. Dénivelé cumulé : environ une cinquantaine de mètres. Durée : environ 35 à 40 minutes de marche, sans compter la halte à Antonio Vaz auprès des deux cascades. 

Nous décrivons ici le parcours en prenant pour point de départ la route nationale EN3, qui joint la capitale à la ville de Trindade (chef-lieu du district de Mé-Zochi). Bien entendu, on peut faire la balade dans l’autre sens, c’est-à-dire en partant du village de Capela. Les personnes séjournant dans un des établissements touristiques de ce district, notamment à Belém, ou (nettement plus loin) à Monte Café, peuvent accéder à ce parcours en empruntant, depuis Belém, le PP MZ 09, qui les mènera en un peu moins d’une heure à Capela (soit, au total, 1h20 jusqu’aux cascades). Depuis Monte Café, il faut joindre Belém par le PP MZ 04, ce qui représente, pour aller à Antonio Vaz, une belle randonnée d’environ 3 heures à la descente, et au moins 3h1/2 pour remonter (400 m. de dénivelé).

On peut accéder à Antonio Vaz en voiture, car le chemin balisé par nos soins depuis la route nationale N°3 est carrossable, bien que très étroit (croisements avec autres véhicules nécessitant parfois quelques manoeuvres) jusqu’à environ 150 mètres du torrent et de la grande cascade.

Un panneau de signalisation marque l’entrée du PP MZ 12 en bordure de la nationale 3, sur votre droite un peu avant l’entrée de Trindade en venant de la capitale, peu après le lieu-dit Vila Favorita, et la fabrique d’huile de coco biologique Valudo (on peut visiter la fabrique, sur rendez-vous ; il s’agit d’une entreprise française, précisez que vous souhaitez que la visite commentée se fasse dans votre langue ; tél. 239 988 70 00 ; contact également par internet sur site https://valudo.st).

Le chemin en terre (carrossable) longe d’abord quelques habitations, puis sinue dans la forêt, une forêt secondaire qui mêle de majestueux arbres dits d’ombrage et de nombreuses essences cultivées : palmiers, quelques cacaoyers, manguiers, arbres à pain, jacquiers, quelques safoutiers, et, bien sûr, des bananiers. Soyez attentifs au marquage, de nombreux sentiers de traverse mènent à de petites habitations blotties entre les arbres ; cependant, si vous vous retrouvez dans la cour d’une de ces maisons, pas de problème : les chiens aboient bruyamment, mais ne sont pas agressifs si vous ne faites pas geste de les menacer, et les habitants se feront un plaisir de vous remettre sur le droit chemin, si vous leur expliquez que vous allez à « cascatas de Antonio Vaz ».

Après à peine dix minutes de marche, petit parking de terre battue pour les véhicules, continuez le sentier (pavé en gros cailloux à cet endroit), puis descente raide en marches d’escalier le long d’une clôture en tôle, celle de l’établissement A.TRI, bar restaurant. En dépassant le petit portail de l’établissement, vous débouchez sur le rio Agua Grande, un torrent tumultueux, qui creuse, à cet endroit-là, deux vasques, dont l’une est assez profonde pour qu’on y perde pied. C’est le lieu de baignade d’enfants et d’adolescents rieurs, tandis que, à quelques mètres en amont, des femmes des environs viennent laver leur linge en bavardant – ce qui entraîne parfois un peu d’eau savonneuse vers les baigneurs et baigneuses, lesquels ne s’en offusquent pas.

La vasque de baignade la plus profonde est creusée immédiatement avant les pierres qui forment le seuil d’une cascade de près d’une vingtaine de mètres de haut. Ne vous approchez pas trop de ce seuil et ne laissez pas vos jeunes enfants barboter dans cette vasque, un faux pas pourrait les entrainer dans une chute extrêmement grave.

La baignade est en revanche sans risque dans la piscine naturelle creusée en aval par la chute d’eau. Mais l’accès n’y est pas public. Il faut en effet rentrer à l’intérieur de l‘enclos du bar-restaurant « A. TRI » de notre ami Juju. Après avoir franchi le portail de l’établissement, des escaliers en maçonnerie fort raides vous permettent d’accéder à son espace en forme de large passerelle en bois construite sur le cours d’eau. Vous pourrez y prendre une consommation avant ou après votre bain, et éventuellement y manger, une excellente (et généreuse) cuisine santoméenne traditionnelle, à condition d’avoir réservé la veille. Tél. 239 992 93 73. Nous parlons ici de déjeuner, puisqu’une randonnée se fait de jour. Mais il est également possible d’y dîner, toujours sur réservation, la lueur des guirlandes électriques du restaurant éclairant la cascade principale, un spectacle rare. De nuit, évidemment, venir en voiture jusqu’au parking.

De l’autre côté de l’espace restaurant, vue sur une deuxième cascade, celle du torrent Agua Bobô. Les eaux bondissantes des deux torrents se mêlent à une quinzaine de mètres en aval, le cours d’eau tumultueux qui en résulte porte encore le nom d’Agua Grande ; quelques kilomètres plus loin, bien assagi, il se jette dans la mer au milieu de la capitale, près de la cathédrale.

Pour continuer la balade sur le PP MZ 12 : depuis septembre 2025, un étroit pont de bois permet de franchir le torrent Agua Grande à une vingtaine de mètres en amont de la cascade. Au sortir du pont, marquage au sol, le chemin monte quelques dizaines de mètres en pente raide (le lit du cours d’eau est très encaissé). Il faudra ensuite franchir le deuxième torrent, Agua Bobô, un jeu de murettes de ciment et de gros cailloux permet de passer, sauf en cas de crue d’orage, sans avoir à se mouiller les pieds et sans ôter ses chaussures de marche. Nouvelle pente très raide sur quelques mètres, puis le chemin balisé serpente en montée beaucoup plus douce pendant environ une dizaine de minutes entre de beaux arbres, ou parfois des bouquets de bananiers, avec en fond sonore, comme toujours à Sao Tomé, des concerts variés de pépiements et de chants d’oiseaux.

On accède à la route asphaltée qui joint Trindade au village de Capela par un passage un peu resserré entre des maisons, l’une d’elle abritant un petit bar fréquenté par des buveurs qui ne manqueront pas de vous proposer de boire un coup de vin de palme avec eux.

De l’autre côté de la route, en face du bar, marquage au sol. À votre droite, la flèche indique la direction du PP MZ 08, qui vous mènera au village de Batepa en un peu plus d’une heure. En prenant la direction de gauche, vous arriverez assez vite au PP MZ 09 (marquage au sol au moment de quitter la route asphaltée pour un étroit chemin en montée) ; le PP MZ 09 mène au village de Belém, en une quarantaine de minutes (un peu moins d’une heure si vous allez jusqu’aux hébergements du groupe Casa Ediana, qui se situe dans la partie haute du village).